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Appartenir à la francophonie

March 20, 2018

Depuis deux ans j’écris en français. Ou, du moins, j’essaie. Des romans, des nouvelles, des essais, des articles. En tant qu’Anglaise, malgré mes longues années d’étude à l’école, mes douze ans de vie passés ici en Normandie, mon amour profond pour la littérature et la culture française, écrire dans la langue d’un autre n’est jamais chose facile. Tout ceci nonobstant, je viens de me rendre compte d’un fait surprenant, quelque chose qui, maintenant, me paraît une évidence, mais, peut-être comme toutes les évidences, n’en était pas une avant.

Lorsque je construis mes textes en français, je travaille et retravaille les mots. “Que dirait un Français, me demandé-je, comment formulerait-il un tel concept ?” J’essaie de mettre en marche dans mon imaginaire un Français ou une Française idéalisée qui parlerait un français parfait et élégant, représentant de la langue de Molière (ou de Rimbaud, ou de Virginie Despentes) qui devrait, je raisonne, exister dans sa totalité dans mon inconscient, si seulement je pouvais le sommer d’apparaître. Je considère mes mots, encombrés de mon passé, de ma lecture, de mes études d’autres langues – pas uniquement de l’anglais, mais du russe, de l’allemand, du japonais – et je m’efforce de chercher des tournures qui ne résonnent pas d’une telle étrangeté, mais d’une appartenance essentielle à la tradition écrite française.

Cher lecteur, vous avez peut-être perçu là où je me suis fait piéger. Mais moi, il fallait qu’un autre – en fait plusieurs autres – me l’explique.

Un bon ami qui me soutient profondément dans mes efforts littéraires m’a fait remarquer un jour : ” Tu sais, j’aime ta façon de t’exprimer. Tu utilises les mots d’une manière différente à laquelle on se serait attendu. Quand on te corrige, il ne faut pas que ça soit perdu. C’est intéressant, rafraîchissant. Ça apporte quelque chose à la langue.”

“Oui, ai-je répondu, mais j’ai du mal à comprendre le moment où mon français personnel devient un mauvais français. Que ça sonne exotique, intéressant, rafraîchissant, tout ça, c’est bien, mais si ça sonne faux, poussif, maladroit…”

Tout de même, son commentaire m’a troublé. Et, aussi, a excité ma curiosité…

J’ai commencé à me renseigner sur le concept de la francophonie. Bien entendu, de telles étiquettes existent partout sur les étagères des libraires en France, désignant les écrivains qui écrivent en français mais qui ne sont pas considérés comme des “écrivains français”. Mais le terme implique beaucoup plus que ça. Il ne s’agit pas simplement des écrivains qui essaient d’écrire un français monolithique et idéalisé sans y arriver, mais plutôt de ceux qui écrivent une langue française complètement réelle, vivante, valable, mais qui diffère de la langue française “officielle”, telle qu’on l’imagine en se prétendant membre de l’Académie française. Il existe une pluralité de langues françaises, dont chacune charrie son propre fond culturel, sa vue du monde, sa façon à elle de concevoir les choses et de les exprimer.

Comme j’ai dit, tout cela devait m’être déjà évident mais ne l’était pas. Dès ce moment, une nouvelle perspective commençait à se pointer par devers moi, moins définitive, plus déroutante. En quoi consistait-elle, cette perspective ?

En ceci : que, quelque part, il existe une langue française bien à moi. Une langue qui s’exprime avec élégance, avec profondeur, qui ravit ses lecteurs, qu’ils soient français ou non, mais qui n’est pas forcément identique à la langue française telle qu’elle est parlée et écrite par les lecteurs et écrivains qui ont grandi dans l’Hexagone. Une langue qui se montre foisonnante de mes propres antécédents littéraires — de mon amour pour le paysage sauvage du nord de l’Angleterre, de mon instinct pour la poésie et les rythmes anglo-saxons qui se font entendre dans mon choix de mots et de concepts, de mon acquisition des images, des métaphores, des philosophies — bref, des cultures littéraires — de l’Allemagne, de la Russie, du Japon, ainsi que de mon Angleterre natale et bien sûr de ma belle et chère France, mon pays d’adoption.

Et la facette déroutante ? Comment juger le moment où je m’approche de cette langue française personnelle, de cette francophonie à laquelle j’appartiens et que je vise à incarner. Chaque fois que l’on écrit en français à l’école, ou pour un professeur, ou tout simplement d’une manière correcte du point de vue grammatical, il est facile d’identifier ses erreurs et de les corriger. Mais si on ne veut pas endommager sa propre voix, détruire sa facilité à employer des images, des constructions qui englobent sa façon de voir le monde, bref, qui manifestent sa propre francophonie — comment juger cela ?

La francophonie se présente comme un paradoxe délicieux. Elle est à la fois autre et sienne ; individuelle et cousine. Et, peut-être, elle incarne en soi le potentiel d’enrichir la langue française d’une diversité époustouflante de points de vue, de goûts, d’expériences. Et, éventuellement, il devient une évidence aussi qu’il n’existe pas une pluralité de langues françaises, mais une seule, globale, riche et internationale, qui se renouvelle constamment, qui bourdonne de créativité, et qui est notre patrimoine à nous tous.

C’est ça la francophonie à laquelle je veux appartenir.

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Children of Orion: the Venu Sourcebook – OUT NOW!

October 27, 2017

Today marks the release of the Mindjammer supplement CHILDREN OF ORION – THE VENU SOURCEBOOK. It’s a book I’m very proud to finally see hit the shelves. It had its genesis over eight years ago, back in 2009, and both the Venu and Mindjammer have come a long way since then!

The Mindjammer setting has always been one of a miraculous hyperadvanced far future – an amazing civilisation which has overcome many of our own civilisation’s limitations to reach for the stars, and to expand outwards into the galaxy, facing and overcoming countless incredible challenges. It’s my own vision of a science-fiction future – one shared by many – where the technology and future might be often beyond our ability understand, but which feels realistic and which adheres to a logical scientific underpinning. For all its sense of wonder, the New Commonality of Humankind is, for me, a place that could exist.

And it’s always been a golden age, optimistic civilisation. Yes, there are incredible dangers, existential threats; no, a future victory is by no means certain, and there is everything to play for. But it’s a civilisation which – for all its flaws (and they are many) – I think I’d probably want to belong to.

From day one, it was always clear the New Commonality needed an enemy…

Back in the days of Mindjammer 1st edition, we weren’t using original artwork. As a supplement for the awesome Starblazer Adventures RPG, we followed its concept of using the fantastic black-and-white line art from the D.C. Thomson “Starblazer” comics of the 1980s. You can see that art all the way through Starblazer and Mindjammer 1st edition. In some of those illustrations, the heroes were shown up against sinister foes clearly from some evil galactic empire – the eternal trope of space opera. But I wondered: who were those guys? Their natty black cloaks, their blocky power armour, those foul-looking beam weapons. And why were they fighting a civilisation which – by all accounts – wanted to offer them a shot at utopia?

From those questions the Venu were born. In the earliest days, they were little more than Space Nazis: bad guys for the heroic PCs to mow through. But even as I was writing the “Black Zone” campaign that formed the second half of the Mindjammer 1st edition rule book, I was asking myself: what makes these people tick? Why do they hate the Commonality so much?

Slowly, they took shape. In keeping with the “evil galactic empire” trope, the Venu Space Nazis of 1st edition were human supremacists, with a low level of technology which could only just compete with the Commonality’s dazzling innovations. But why? And why were they all wearing those sinister masks? What were they hiding?

Now, in Mindjammer , as a game which tries to adhere to scientific underpinnings, there is no such thing as psionics. In the New Commonality, thanks to the ubiquitous “interstellar internet” of the Mindscape, there is technopsi – technological psionics – which plays a similar role. But the Venu didn’t have a Mindscape. They were wearing masks. They worshipped the pure human form. They were screwed up.

Of course: they were mutated. By a power they didn’t understand, a power they needed to combat the Commonality, but which twisted their form and drove them to a terrible cognitive dissonance, forcing them to become the very mutants they professed to despise.

That force is behind the Venu Empire. It’s still mysterious, but it does have that solid scientific underpinning (which, for now, shall remain mysterious…). Even in 1st edition Mindjammer, the Venu called it the Radiant Darkness, and it permeates the CHILDREN OF ORION Venu Sourcebook which we’re publishing today. In some as yet unknown way, it provides the Venu with abilities which give them a fighting chance to withstand the Commonality. And perhaps to do much more…

Two years ago, as the Mindjammer Kickstarter completed, I spoke with David Donachie, who I’d worked with on Legends of Anglerre, about working together on the Venu sourcebook. I sent him my notes, and waited to see what he came back with. I wanted ideas that bounced off mine, took us in unexpected directions, winkled out things I hadn’t seen from being too close to the Bright Empire of Venu. David came back with a radioactive smorgasbord of ideas, and CHILDREN OF ORION was born!

For most of this year, I’ve been working on producing the sourcebook which is published today, incorporating David’s ideas with my own, knitting it all together into a whole, providing an insight into the Commonality’s greatest foe. Today, the Venu are no longer the Space Nazis of 1st edition: they’re a complete, detailed, and all too believable interstellar civilisation, driven by fear and xenophobia to sign away their souls in a devil’s bargain to resist a foe which opposes everything they believe in. The Commonality is everything the Venu are not: it’s inclusive, diverse, outward-looking, capable of incorporating other cultures into itself and slowly changing to adapt (although not without consequence – that’s a whole other story!). CHILDREN OF ORION provides you with histories and details of the Venu civilisation, but also much more: starmaps and planet descriptions, technological paradigms and descriptions of gear, ships, the “walkers” and “motes” which are the pinnacle of their robotics tech, opposed as the Venu are to AI. In short, CHILDREN OF ORION gives you everything you need to play Mindjammer games set inside the Venu Empire.

And what does that mean? Well, it opens up a whole new arena of play for Mindjammer gaming. There’s now a vast and oppressive star empire open for adventure. You can play Venu troopers, or sinister servitors of the Dark Radiance Executive (also called the Cult of Radiant Darkness…); you can wield Venu mutations and the mysterious abilities the Commonality – for want of a better word – calls “Venu psi”. But you can also play Commonality agents working against the Venu – either fighting them directly, or conducting clandestine operations, or even trying to manipulate their culture and defuse its most destructive memes.

And there’s more. There’s a resistance inside Venu Space, and perhaps not only on the worlds the Venu have conquered since the recent war. You can join that resistance, and fight against the oppressive forces of the God-Emperor! Or maybe you just want to survive and thrive in the galaxy as it is: maybe you’re a roguish trader, perhaps the owner (one day…) of a Caravan-class trading ship from one of the huge and ancient trading combines of the Empire, whose castle-like orbital strongholds dot Venu Space. What will you do when the Resistance – or the sinister Executors of the Dark Radiance – come calling?

The Venu have come a long way. Today’s the day you can find out how. There’s a war brewing between the Commonality and their oldest and greatest foe – everyone says it’s just a matter of time.

Whose side will you be on?

*****

CHILDREN OF ORION – THE VENU SOURCEBOOK releases today in PDF format from DriveThruRPG and the Modiphius webstore, and in 112-page softback physical book on Monday 23rd November.

Ce Weekend Aux Utopiales à Nantes

October 28, 2016

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Ce weekend (29 et 30 octobre) je serai aux Utopiales à Nantes, un des plus grands festivals de science-fiction en France. Je ferai les dédicaces au Pôle Ludique à 10h samedi et dimanche, et aussi deux conférences le samedi 29 :

  • 12h – Steampunk, Dieselpunk, et Cyberpunk (à l’Agora de M. Spock)
  • 14h – Le Crowdfunding (à l’Agora de M. Spock)

Le Mindjammer livre de base sera en vente, et aussi on aura les exemplaires du roman Mindjammer et les scénarios Hearts and Minds, The City People, et Dominion. Et bien sûr je vagabonderai dans les salles à la recherche des amis et des nouveaux jeux et livres !

J’espère de vous voir là !

À propos de VERNON SUBUTEX de Virginie Despentes

October 11, 2016

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Cet été pour la première fois j’ai lu quelques livres de l’écrivaine Virginie Despentes. J’ai commencé avec APOCALYPE BÉBÉ (2010), et immédiatement après j’ai lu les deux toms de VERNON SUBUTEX (2015). J’étais complètement éblouie par ce dernier, à mon avis un vrai chef d’œuvre. Les romans précédents de Despentes avaient la réputation d’être volontairement choquants, parfois pornographiques, sensationnalistes. VERNON SUBUTEX contient tous ces éléments, mais les dépasse facilement, dans la même manière que LE FESTIN NU dépasse les limites d’une histoire d’un toxicomane ou CRIME ET CHÂTIMENT celles d’un polar.

L’écriture de Despentes dans VERNON SUBUTEX est magistrale. Pleine de gros mots, de l’argot, de la langue des sous-cultures et communautés rock ou punk, islamiste ou fasciste, Despentes utilise tous ces niveaux de discours, toutes ces sous-langues, dans un style d’écrire qui est à la fois fragmenté et uni ; une réflexion de la France urbaine contemporaine.

L’histoire est simple ; un homme, ancien disquaire d’un magasin de disques à Paris, dépassé par les innovations technologiques qui lui ont détruit sa mode de vie, devient SDF. Il essaie de survivre. Dans le premier tom, il se penche sur l’aide de ses « amis » : les gens qu’il connaît depuis sa jeunesse punk. Le deuxième tom se déroule après qu’il se trouve sur la rue.

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Les événements du roman sont durs, mais ce n’est pas un livre déprimant. Au contraire, il y a une luminosité qui monte dans ce roman, une béatification qui vient avec la souffrance, une illumination pleine de la luisance de l’amour et la compassion. Vernon lui-même devient un focus pour les peurs et les espoirs des personnes de toutes les couches de la société urbaine française ; un miroir dans lequel nous voyons tous nos images.

VERNON SUBUTEX est aussi un roman politique. Un roman qui dépeint sans merci la marasme socio-économique de notre ère, et la corruption et la complaisance de nos gens politiques et la complicité de nos médias. À la fois féministe, humaniste, antifasciste, anticynique, VERNON SUBUTEX réclame notre honnêteté en ciblant la séparation croissante dans notre société entre la vie idéale médiatisée dont nos politiciens parle, et les vies réelles et humaines que nous vivons, abandonnés à la précarité. Le roman admet que nous sommes sur le point des changements sociaux révolutionnaires, mais enfin son message est optimiste ; le peuple va prévaloir, comme toujours.

J’ai adoré VERNON SUBUTEX. Il parle d’une France que je ne connais pas trop ; la vie urbaine. Mais je reconnais les points communs avec mes expériences à Tokyo et à Londres ; je sens sa véridicité. Avec ce livre, Virginie Despentes se montre comme une des grandes romancières sociales et humanistes, et j’attends avec impatience ce qu’elle écrira à sa suite.

Sarah, Normandie, 11 octobre 2016.

Le soutien des commerces locales à la campagne normande…

September 30, 2016

Ah, mon dieu. Frustrée ? Parfois, oui. Parfois il se passe des choses et on ne peut rien faire… Comme aujourd’hui, par exemple.

Récemment j’ai commencé à lire le magazine LIRE. Je l’ai acheté pour la première fois dans notre Maison de la Presse du coin. C’est un magazine mensuel, mais la Maison de la Presse ne prend que quelques exemplaires, et c’est assez difficile d’y passer exactement au bon moment avant qu’il ne soit plus en stock. En août, par exemple, j’ai passé le 27 pour acheter le numéro de septembre, et il ne restait qu’un exemplaire.

La semaine dernière, j’ai passé le 24 septembre, et le numéro d’octobre n’était pas encore arrivé. Quand serait-il là? On ne sait pas : peut-être le lendemain, peut-être lundi. Bon, alors, est-ce que je peux réserver un exemplaire, pour m’assurer de pouvoir l’acheter ? Bien sûr ! Merci de mettre votre nom ici, madame…

Et donc, bien rassurée, je me contente de passer pour chercher mon exemplaire aujourd’hui. Le résultat ? Tous vendus… Possibilité d’en commander encore ? Non, madame… Alors, de commander un exemplaire de plus le mois prochain ? Euhhh…

Et voilà. Je sors du magasin, un peu étourdie, pas entièrement sûre que je ne suis pas tombée dans un univers parallèle où la logique marche complètement à l’envers et tout ce que je sais est un mensonge…

J’aimerais tellement soutenir ma librairie locale. Honnêtement. Mais dans ce cas il faut au moins que ma librairie me permette d’acheter ces trucs qu’elle prétend à vendre !

Et alors aujourd’hui j’achète le magazine en ligne, et pense à faire une souscription. Et ainsi le monde change, malgré nos efforts et nos désirs…

Interview dans Jeu de Rôle Magazine, Été 2016

July 21, 2016

JDR Mag Interview SJN Summer 2016

Je suis absolument ravie d’annoncer que je suis interviewée dans le numéro 34 du Jeu de Rôle Magazine (été 2016) sur mon jdr MINDJAMMER, qui va paraître en version française début 2017. Les rédacteurs en chef Sébastien Célerin et Isabelle Périer m’ont permis de parler longuement sur Mindjammer, sa naissance, ses thèmes, et son avenir. L’article contient aussi un entretien avec la fabuleuse Morgane Munns, qui est actuellement en train de traduire le jeu. J’espère que ça vous plaît.

Sarah Newton JDR Mag Cover_smallJeu de Rôle Magazine est disponible en kiosque et aussi par abonnement de TITAM. Voir http://www.facebook.com/JDR.magazine pour plus de détails.

Bonne lecture !

Sarah
Normandie, juillet 2016

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Hi everyone,

I’m delighted to announce my Mindjammer interview appears in this summer’s issue of Jeu de Rôle Magazine here in France. Commissioning editors Sebastien Celerin and Isabelle Perier have let me really go into the Mindjammer setting in depth, talking about its genesis, themes, and future. The article also has an interview with the fabulous Morgane Munns, who is currently translating the game. I hope you enjoy it!

You can get JdR Magazine in shops and also by subscription direct from TITAM. Please see http://www.facebook.com/JDR.magazine for more.

Cheers,


Sarah
Normandy, July 2016

JDR Mag Interview SJN Summer 2016

Atelier d’Écriture, Fougères (Bretagne), juillet 2016

July 20, 2016

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Cliquer ici pour la version anglaise.

Le weekend dernier j’ai assisté à mon premier « Atelier d’Écriture » en France, dans la magnifique ville médiévale de Fougères dans l’Ille-et-Vilaine en Bretagne (35300). Après 10 ans en Normandie, mon « projet personnel » pour 2016 est d’améliorer mon français jusqu’au point où je peux l’écrire et le mieux utiliser au travail, et alors j’ai saisi la chance de passer trois journées en compagnie des autres passionnés de l’écriture.

Nous étions six. J’étais la seule dont la langue natale n’était pas français. Avant de commencer, je m’inquiétais que je dérangerais les autres participants avec la foule d’erreurs qui m’entoure quand je parle et écris français. Enfin de compte je me faisais du souci pour rien ; tous les autres écrivains étaient sympathiques et indulgents, et m’avaient accueillie avec un vrai chaleur. Nous nous sommes soutenus mutuellement dans nos efforts collectifs.

L’animatrice de l’atelier pour les trois journées était l’écrivaine Frédérique Niobey, auteur de nombreuses œuvres de jeunesse publiées par les Éditions du Rouergue, dont j’ai fait la connaissance aux réunions mensuelles de l’association fougeraise de lecteurs et écrivains La Page Blanche. En plus d’être écrivaine merveilleuse, Frédérique est aussi animatrice hautement expérimentée dans le domaine des ateliers d’écriture et du théâtre, une personne à la fois créative, pleine d’énergie, et passionnante. Pendant trois journées elle nous a menés par les découvertes techniques et littéraires, et nous a permis de créer des textes d’un vraiment haut niveau, complètement au delà de toutes mes attentes.

Fougeres 419140L’atelier avait lieu à la maison de Frédérique et son mari, le photographe Joël Guyard, une ancienne ferme complètement reconstruite en bâtiment moderne à l’ambiance atelier d’art ou photographie ; un lieu de lumière, des vents légers, des perspectives pittoresques, isolé au milieu de la tranquillité et la nature des anciennes forêts domaniales de Fougères médiévale. Un endroit parfait pour méditer, communier avec son âme, et écrire…

Cette fois, il ne s’agissait pas d’un atelier résidentiel ; nous tous habitons dans le coin (moi, la plus éloignée, à 45 minutes). Mais autrefois Frédérique organise les ateliers en gîte pour les participants venus de plus loin. Chaque jour nous commencions à 10h, nous déjeunions ensemble, et nous finissions à 18h, fatigués mais stimulés, voire inspirés par nos aventures littéraires.

L’atelier d’écriture soi-même se composait d’une série d’exercices et consignes. 15-30 minutes d’introduction par Frédérique, souvent en introduisant et utilisant des textes des auteurs fameux mais pas toujours connus (c’était pour moi la première fois de découvrir le fabuleux Francis Ponge, par exemple), suivies d’une consigne écrite à laquelle était dédié une bonne heure d’écriture indépendante, et enfin conclu par une lecture à haute voix de nos écrits, et des discussions à leur sujet.

Animatrice et écrivaine Frédérique Niobey

Animatrice et écrivaine Frédérique Niobey

Je dois dire à ce point que ce n’est pas nécessaire du tout d’être un écrivain publié (“professionnel”) pour participer aux ateliers de Frédérique Niobey. Sauf l’animatrice elle-même, j’étais la seule qui travaille actuellement “en écrivant”. Il faut seulement être passionné d’écriture ; des livres, des mots, d’utiliser des mots pour s’exprimer. Les autres participants connaissait le français et la littérature française à un très haut niveau, et je me considère honorée d’avoir pu passer ce temps avec eux et (j’espère…) d’avoir pu apprendre aussi.

Chaque jour nous avons fait deux exercices, parfois trois. Nous avons écrit beaucoup. Après les trois jours de l’atelier, j’ai découvert que j’avais écrit une vingtaine de pages, de choses parfois étonnantes.

Frédérique Niobey anime les ateliers plusieurs fois par an. Vous pouvez la contacter ici. Je vous la recommande. Que vous soyez français ou étranger, si vous êtes passionné des mots, de l’écriture, de la langue française, vous apprendrez beaucoup dans un milieu idyllique, artistique, et tout simplement inspirant.

Moi, je me prépare déjà à l’atelier prochain…

Bonne écriture à tous !

Sarah
Normandie, juillet 2016

“Les Ateliers d’écriture de Frédérique Niobey”, La Page Blanche, Fougères, 3 jours 150€. Plusieurs fois par an. Contact : frederique-niobey@orange.fr.

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Writers’ Retreat in Fougères, Brittany, July 2016

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Click here for the French version.

Last weekend I attended my first “Writers’ Retreat” here in France, in the magnificent mediaeval town of Fougeres, in the department of Ille-et-Vilaine in Brittany. After ten years in Normandy, my personal project for this year (2016) is to improve my French to a level where it’s good enough to use for writing and for work, and so I jumped at the chance to spend three days in the company of other like-minded lovers of writing.

There were six of us. I was the only one whose native language wasn’t French, and at the start I’d been worried that I’d be disturbing the other participants with the pile of errors which invariably follow me around when I speak and write French. I needn’t have worried, though: everyone was kind and understanding, and gave me a warm welcome. We helped one another in our collective endeavour.

The leader of the three-day retreat was the writer Frédérique Niobey, author of numerous works of children’s and young adult fiction, published by Éditions du Rouergue. I first met Frédérique at the monthly meetings of the Fougères readers’ and writers’ group La Page Blanche (“the Blank Page”). As well as being a marvellous writer, Frédérique is also an experienced leader of writing and theatre workshops and retreats, a creative, driven, and inspiring individual. For three days she led us through literary discoveries of technique and text, and inspired us to create some great quality writings, far above what I’d been expecting to manage.

Fougeres 419140The writers’ retreat took place at the home of Frédérique and her husband, the photographer Joël Guyard, in a former farm which has been completely rebuilt as a modern structure with an art gallery or photo studio feel; a place of light and light breezes, picturesque prospects, isolated amid the quiet and greenery of the ancient demesnal forests of mediaeval Fougères. A perfect place to think, listen to one’s soul, and write…

This time wasn’t a residential retreat. All of us live nearby — I was the furthest away at 45 minutes. But Frédérique does organise residential events in retreats for those coming from further afield. Each day we started at 10am, ate lunch together, and finished at 6pm, tired but inspired by our literary adventures.

The retreat itself comprised a series of workshops. 15-30 minutes of introduction from Frédérique, often working from a text by a famous but perhaps not terribly familiar author (for example, this was the first time I’d ever encountered the amazing Francis Ponge…); followed by solo writing tasks for which we were each given a good hour; and finally a reading aloud of the texts we’d written, together with group discussion.

Animatrice et écrivaine Frédérique Niobey

Retreat leader and writer Frédérique Niobey

I should say at this point that it’s not at all necessary to be a published (“professional”) writer to take part in Frédérique Niobey’s retreats. Other than Frédérique herself, I was the only person to currently be earning a living “from writing”. All you need is a passion for writing; a love of books, of words, of using those words to express yourself. The other participants shared a profound knowledge of the French language and of French literature, and I consider myself honoured to have been able to spend time in their company, and (I hope) to have learned something too.

Each day we did two exercises, sometimes three. We wrote a lot. After the three days, I found I had written some twenty pages, sometimes some amazing stuff.

Frédérique Niobey runs retreats several times a year. You can contact her here. I can recommend her unreservedly. Whether you’re French or not, as long as you’re a lover of words, writing, and the French language, you’ll learn so much in some idyllic, artistic, and frankly inspiring surroundings.

Me, I’m getting ready for next time…

Happy writing!

Sarah
Normandy, July 2016

“Frédérique Niobey Writers’ Retreats”, c/o La Page Blanche, Fougères. 3 days €150, several times per year. For more details contact: frederique-niobey@orange.fr.

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