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Trois Jours à Nice – Festival NICE FICTIONS 2018

June 15, 2018

Nous ne sommes pas seuls. Les membres de notre tribu sont partout. Bien qu’ils fassent un travail solitaire, parfois les écrivains et les artistes se rassemblent, et là où ils se rassemblent brille une rare lumière.

Le week-end dernier, j’ai eu le privilège d’être invitée d’honneur à Nice Fictions, depuis quatre ans festival de science-fiction, de fantasy, et de fantastique, dans cette belle ville du sud de la France. C’est un festival qui incarne la philosophie du transmédia en intégrant dans un seul événement les activités créatives dans la littérature, les jeux de rôle, l’illustration, les jeux vidéo, et beaucoup d’autres. C’est un festival encore jeune, d’une échelle modeste, mais qui vise haut.

Jérôme et Sybille !

Le festival est organisé par une équipe enthousiaste et accueillante, menée par Sybille Marchetto et Jérôme Gayol, dont j’avais fait la connaissance en 2017 aux Utopiales de Nantes. Sybille et Jérôme ont rassemblé des gens passionnés pendant les 4 ans de Nice Fictions. Ils éditent même une anthologie de nouvelles écrites par les invités, aux éditions Les Vagabonds du Rêve, pour célébrer le thème de chaque année. Nice Fictions est amical, détendu, mais il est clair qu’une organisation dynamique se trouve à son coeur.

J’étais invitée au pôle de jeux de rôle de Nice Fictions, sous l’égide de Samy Bend et d’Aldo Pappacoda, auteur de Chiaroscuro, de l’Empire du Soleil Défunt, et d’autres, deux hommes merveilleux qui étaient mes ancres et mes guides pour tout le week-end. Je faisais partie d’une bonne soixantaine de créateurs invités, de tous genres, venant la plupart de Nice et du sud de la France, pour montrer nos créations et en parler. Et aussi, dans le cas du pôle de jdr, pour en animer des parties – samedi soir a eu lieu un grand “nocturne” de plusieurs tables de jeux de rôle, où une trentaine de joueurs ont exploré des mondes fictifs jusque tard dans la nuit.

Mindjammer version française – moi qui mène, Giulio à gauche !

J’ai mené une partie de Mindjammer – version française! -, le premier épisode d’un scénario que je suis en train d’écrire autour d’un grand mystère de la Noosphère, l’« internet interstellaire » de la Nouvelle Communalité. J’ai été frappée par la qualité des joueurs, la façon dont ils ont dirigé leur enquête et nous ont menés vers des révélations que même moi je n’avais pas imaginées ! Et, en plus, par le fait que parmi les 6 joueurs nous avions 3 femmes, donc une table de 4 femmes et de 3 hommes. Ça devient de plus en plus normal de nos jours, mais je me souviens bien de l’époque où les femmes étaient encore rares dans le monde des jeux de rôle. Nous devons nous féliciter pour les évolutions et les révolutions que nous avons réussies !

Tout ça, c’est déjà génial pour un festival, mais il y avait encore un aspect de Nice Fictions qui était très fort – pour moi, peut-être le plus fort. C’était la présence d’une vraie communauté de créateurs au festival, et la façon dont celui-ci était structuré pour encourager les échanges entre les écrivains et les artistes. Souvent les festivals sont organisés uniquement en fonction des besoins du public. C’est naturel – le public est la plus grande raison d’être des festivals. Mais pas la seule : à mon avis, un bon festival doit aussi s’adresser à la créativité, tenter d’établir un endroit où les créateurs puissent interagir, pas seulement avec leurs lecteurs, leurs joueurs, leur public, mais aussi les uns avec les autres. On parle beaucoup d’interdisciplinarité, on estime que c’est dans les échanges que l’on trouve l’inspiration. À Nice Fictions j’ai trouvé un endroit où cette approche est devenue une réalité.

D’abord, il y a eu beaucoup de conférences. Presque chaque heure, quelque chose se déroulait dans l’un ou même dans les deux amphithéâtres du festival. Des vraies conférences : pas du tout de simples présentations publicitaires ou des discussions simplifiées, où trop de préparation peut étouffer l’inspiration. Non, les conférences de Nice Fictions étaient de vrais échanges d’idées, stimulants, excitants. J’ai participé à deux d’entre elles, et j’ai assisté, dans le public, à quatre autres. J’ai pris des pages entières de notes.

À part les conférences, la communauté de créateurs fonctionnait aussi bien dans les salles du festival. C’était peut-être que le nombre d’invités correspondait bien à l’échelle du festival. Nous n’étions ni trop, ni trop peu nombreux. Nous approchions peut-être ce “nombre d’or” où les échanges s’embrasent naturellement, partout, tout le temps. Ça m’a rappelé FantasyCon et EasterCon au Royaume-Uni.

Donc pour moi c’était un festival de belles rencontres. J’ai été invitée grâce à Giulio Cesare Giorgini et à Ugo Bellagamba, qui me connaissaient en tant que backers du Kickstarter de Mindjammer. Tous les deux travaillent comme professeurs (de droit et d’histoire du droit) à l’université de Nice et sont passionnés par le concept de transhumanisme. Ugo Bellagamba est aussi bien sûr écrivain de science-fiction, auteur d’œuvres telles que La Cité du Soleil et Tancrède, qui a reçu le Prix européen des Pays de la Loire aux Utopiales 2010 et le Prix Rosny Aîné 2010. Imaginez le clone hybride de Borges et d’Umberto Eco avec une casquette de science-fiction – c’est Ugo. Je suis très reconnaissante à tous les deux pour m’avoir fait découvrir le monde de Nice Fictions.

Et quel monde ! Je suis devenue active dans le cercle des festivals et des conventions de France il y a deux ans, à l’époque du cataclysme du Brexit, et j’ai rapidement retrouvé ma tribu dans les conventions de jeux de rôle aux Utopiales, à Au-delà du Dragon, aux Chimériades, à la Comédie du Livre. Mais ce n’était vraiment que le week-end dernier, à Nice Fictions, que j’ai pu aussi me connecter à ma tribu dans le monde de la fiction en France. Et c’était une joie absolue.

Le moment où tout s’est illuminé a été samedi soir. Giulio (Giorgini) animait « Une rencontre avec Sarah Newton », moment très flatteur avec présentation Powerpoint de mon parcours d’écrivain – et, tout d’un coup, dans la discussion qui s’en est suivie, je suis devenue consciente d’avoir trouvé ma tribu, d’être parmi les miens, d’être soutenue et bercée par des âmes sœurs.

Ce week-end j’ai pu faire la connaissance de Nathalie Dau, invitée d’honneur du pôle de la fiction et auteure des deux tomes du “Livre de l’Énigme” que j’ai lus en janvier-février et beaucoup aimés. Elle est adorable – esprit profond, sensible, véritable artiste – et j’attends le troisième tome de ce cycle bouleversant avec impatience. J’ai pu revoir Olivier Sanfilippo, le féliciter sur le succès de sa campagne de financement participatif de L’Empire des Cerisiers, et d’admirer encore une fois sa cartographie glorieuse pour la nouvelle édition de RuneQuest – Roleplaying in Glorantha. J’ai rencontré l’écrivain Léo Lallot, avec lequel j’ai immédiatement ressenti un lien spirituel – nous avons tous les deux passé des années en Orient, et je vois dans ses yeux que nous avons été forgés dans des feux similaires… J’ai pu faire la connaissance de l’écrivain Éric Picholle, qui m’a redonné l’envie de lire Anne McCaffrey, et d’Anouk Arnal des Éditions du Somnium, éditrice du fascinant livre Citoyennetés spéculatives, dont Ugo et Giulio m’ont fait cadeau.

Après l’entretien, j’ai rencontré Pierre Gévart, grand homme de la SF française et chef du magazine Galaxies, qui m’a invitée au festival Eurocon à Amiens en juillet, où je rêve déjà d’avoir des expériences aussi passionnantes. Merci infiniment, Pierre, vous m’ouvrez la porte et j’entre, les yeux scintillants.

Tant de beaux souvenirs, de bons moments. Même les annulations de vols ont agi en notre faveur ; dimanche après-midi, au lieu de traîner dans des aéroports, j’ai pu apporter ma modeste contribution à la conférence sur “le Droit et le Transhumanisme”, et parler davantage avec un dynamo créatif, Hélène Marchetto, éditrice et une des âmes dirigeantes du festival.

Je suis rentrée en Normandie lundi, l’esprit changé par ces trois jours à Nice. Je flotte encore. J’ai hâte de répéter cette expérience. Je remercie tous les organisateurs pour leur invitation si gentille, tous les bénévoles pour leur travail essentiel, souvent tard dans la nuit, et tous les membres de notre tribu pour leur soutien et leur accueil si chaleureux. Vous êtes merveilleux.

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Au-delà du Dragon, Montpellier, 2018

March 29, 2018

Ô dieux ! Quel magnifique festival Au-delà du Dragon ce fut ! Je me suis arrimée à la Flotte de Félicitation de Mindjammer, ici dans le secteur normand, à minuit lundi soir, épuisée mais encore excitée, passionnée, les yeux brillants à la suite d’un weekend plein d’aventures. J’ai pu rencontrer d’autres fans, des MJs, des joueurs de Mindjammer et de Capharnaüm et échanger avec eux nos expériences de la Communalité et du Jazirat. J’ai eu le très grand plaisir de dédicacer les livres de Mindjammer, version française, exceptionnellement beaux – le Livre du Joueur, le Livre du Meneur – créés par Studio Deadcrows.

La version française de Mindjammer !

J’ai mené deux parties de jeu de rôle – une de Capharnaüm (la première fois en français, en jouant la version élargie des “Larmes d’Ampharool”) et une de Mindjammer, où nous avons commencé à explorer un scénario complètement nouveau centré sur des événements mystérieux dans la Noosphère. Et j’ai même fait quatre interviews sur les jdr. J’ai rencontré des amis, je m’en suis fait de nouveaux, j’ai acheté le jdr métal hurlant de Batro Games Mantoid Universe qui brille de la lumière d’un millier de William Burroughs explosifs. Bref, j’ai été inspirée par l’amitié et les énergies créatives de ma tribu, rassemblée à Montpellier pour ce festival de jdr tout simplement génial.

On dédicace !

Merci au Manoir du Crime et à tous les bénévoles pour avoir organisé ce weekend fantastique. Merci à Florian, François, Morgane et Stephan pour votre accueil chaleureux, merci à Antoine et Joffrey pour avoir organisé les parties de jdr, à vous tous pour avoir fait une version française de Mindjammer si belle et si passionnante, aux gens splendides de la Caravane d’Asteria pour m’avoir permis de mener une partie de Capharnaüm sous une tente entourée de gens et d’accessoires du Jazirat (et de verres de délicieux thé à la menthe !). Et à tant de gens pour votre amitié et pour de bons moments passés ensemble – Kristoff, Mathieu, Rémi, Vincent, Harmony, Sam, Thomas, Pierre, Leo, Momo, Ehlâm, Erwan, Yann, Yan, Yannick, Damien, Laura, Felix, Til, Grégoire, Alex, Mehdi, Gabriel, Sibylle, Sam, Denis, et tant d’autres – merci.

Morgane Munns, traductrice de Mindjammer en français, fait les dédicaces!


Cette semaine, je m’occupe de charger tous ces expériences inoubliables dans la Noosphère. Et peut-être d’essayer de récupérer cette heure de sommeil qu’on a perdue samedi soir… Vivement “Au-delà du Dragon 2019” ! À la gloire des héritiers des dragons ! La Communalité vous salue !

Capharnaüm et la merveilleuse Caravane d’Asteria



Appartenir à la francophonie

March 20, 2018

Depuis deux ans j’écris en français. Ou, du moins, j’essaie. Des romans, des nouvelles, des essais, des articles. En tant qu’Anglaise, malgré mes longues années d’étude à l’école, mes douze ans de vie passés ici en Normandie, mon amour profond pour la littérature et la culture française, écrire dans la langue d’un autre n’est jamais chose facile. Tout ceci nonobstant, je viens de me rendre compte d’un fait surprenant, quelque chose qui, maintenant, me paraît une évidence, mais, peut-être comme toutes les évidences, n’en était pas une avant.

Lorsque je construis mes textes en français, je travaille et retravaille les mots. “Que dirait un Français, me demandé-je, comment formulerait-il un tel concept ?” J’essaie de mettre en marche dans mon imaginaire un Français ou une Française idéalisée qui parlerait un français parfait et élégant, représentant de la langue de Molière (ou de Rimbaud, ou de Virginie Despentes) qui devrait, je raisonne, exister dans sa totalité dans mon inconscient, si seulement je pouvais le sommer d’apparaître. Je considère mes mots, encombrés de mon passé, de ma lecture, de mes études d’autres langues – pas uniquement de l’anglais, mais du russe, de l’allemand, du japonais – et je m’efforce de chercher des tournures qui ne résonnent pas d’une telle étrangeté, mais d’une appartenance essentielle à la tradition écrite française.

Cher lecteur, vous avez peut-être perçu là où je me suis fait piéger. Mais moi, il fallait qu’un autre – en fait plusieurs autres – me l’explique.

Un bon ami qui me soutient profondément dans mes efforts littéraires m’a fait remarquer un jour : ” Tu sais, j’aime ta façon de t’exprimer. Tu utilises les mots d’une manière différente à laquelle on se serait attendu. Quand on te corrige, il ne faut pas que ça soit perdu. C’est intéressant, rafraîchissant. Ça apporte quelque chose à la langue.”

“Oui, ai-je répondu, mais j’ai du mal à comprendre le moment où mon français personnel devient un mauvais français. Que ça sonne exotique, intéressant, rafraîchissant, tout ça, c’est bien, mais si ça sonne faux, poussif, maladroit…”

Tout de même, son commentaire m’a troublé. Et, aussi, a excité ma curiosité…

J’ai commencé à me renseigner sur le concept de la francophonie. Bien entendu, de telles étiquettes existent partout sur les étagères des libraires en France, désignant les écrivains qui écrivent en français mais qui ne sont pas considérés comme des “écrivains français”. Mais le terme implique beaucoup plus que ça. Il ne s’agit pas simplement des écrivains qui essaient d’écrire un français monolithique et idéalisé sans y arriver, mais plutôt de ceux qui écrivent une langue française complètement réelle, vivante, valable, mais qui diffère de la langue française “officielle”, telle qu’on l’imagine en se prétendant membre de l’Académie française. Il existe une pluralité de langues françaises, dont chacune charrie son propre fond culturel, sa vue du monde, sa façon à elle de concevoir les choses et de les exprimer.

Comme j’ai dit, tout cela devait m’être déjà évident mais ne l’était pas. Dès ce moment, une nouvelle perspective commençait à se pointer par devers moi, moins définitive, plus déroutante. En quoi consistait-elle, cette perspective ?

En ceci : que, quelque part, il existe une langue française bien à moi. Une langue qui s’exprime avec élégance, avec profondeur, qui ravit ses lecteurs, qu’ils soient français ou non, mais qui n’est pas forcément identique à la langue française telle qu’elle est parlée et écrite par les lecteurs et écrivains qui ont grandi dans l’Hexagone. Une langue qui se montre foisonnante de mes propres antécédents littéraires — de mon amour pour le paysage sauvage du nord de l’Angleterre, de mon instinct pour la poésie et les rythmes anglo-saxons qui se font entendre dans mon choix de mots et de concepts, de mon acquisition des images, des métaphores, des philosophies — bref, des cultures littéraires — de l’Allemagne, de la Russie, du Japon, ainsi que de mon Angleterre natale et bien sûr de ma belle et chère France, mon pays d’adoption.

Et la facette déroutante ? Comment juger le moment où je m’approche de cette langue française personnelle, de cette francophonie à laquelle j’appartiens et que je vise à incarner. Chaque fois que l’on écrit en français à l’école, ou pour un professeur, ou tout simplement d’une manière correcte du point de vue grammatical, il est facile d’identifier ses erreurs et de les corriger. Mais si on ne veut pas endommager sa propre voix, détruire sa facilité à employer des images, des constructions qui englobent sa façon de voir le monde, bref, qui manifestent sa propre francophonie — comment juger cela ?

La francophonie se présente comme un paradoxe délicieux. Elle est à la fois autre et sienne ; individuelle et cousine. Et, peut-être, elle incarne en soi le potentiel d’enrichir la langue française d’une diversité époustouflante de points de vue, de goûts, d’expériences. Et, éventuellement, il devient une évidence aussi qu’il n’existe pas une pluralité de langues françaises, mais une seule, globale, riche et internationale, qui se renouvelle constamment, qui bourdonne de créativité, et qui est notre patrimoine à nous tous.

C’est ça la francophonie à laquelle je veux appartenir.

Children of Orion: the Venu Sourcebook – OUT NOW!

October 27, 2017

Today marks the release of the Mindjammer supplement CHILDREN OF ORION – THE VENU SOURCEBOOK. It’s a book I’m very proud to finally see hit the shelves. It had its genesis over eight years ago, back in 2009, and both the Venu and Mindjammer have come a long way since then!

The Mindjammer setting has always been one of a miraculous hyperadvanced far future – an amazing civilisation which has overcome many of our own civilisation’s limitations to reach for the stars, and to expand outwards into the galaxy, facing and overcoming countless incredible challenges. It’s my own vision of a science-fiction future – one shared by many – where the technology and future might be often beyond our ability understand, but which feels realistic and which adheres to a logical scientific underpinning. For all its sense of wonder, the New Commonality of Humankind is, for me, a place that could exist.

And it’s always been a golden age, optimistic civilisation. Yes, there are incredible dangers, existential threats; no, a future victory is by no means certain, and there is everything to play for. But it’s a civilisation which – for all its flaws (and they are many) – I think I’d probably want to belong to.

From day one, it was always clear the New Commonality needed an enemy…

Back in the days of Mindjammer 1st edition, we weren’t using original artwork. As a supplement for the awesome Starblazer Adventures RPG, we followed its concept of using the fantastic black-and-white line art from the D.C. Thomson “Starblazer” comics of the 1980s. You can see that art all the way through Starblazer and Mindjammer 1st edition. In some of those illustrations, the heroes were shown up against sinister foes clearly from some evil galactic empire – the eternal trope of space opera. But I wondered: who were those guys? Their natty black cloaks, their blocky power armour, those foul-looking beam weapons. And why were they fighting a civilisation which – by all accounts – wanted to offer them a shot at utopia?

From those questions the Venu were born. In the earliest days, they were little more than Space Nazis: bad guys for the heroic PCs to mow through. But even as I was writing the “Black Zone” campaign that formed the second half of the Mindjammer 1st edition rule book, I was asking myself: what makes these people tick? Why do they hate the Commonality so much?

Slowly, they took shape. In keeping with the “evil galactic empire” trope, the Venu Space Nazis of 1st edition were human supremacists, with a low level of technology which could only just compete with the Commonality’s dazzling innovations. But why? And why were they all wearing those sinister masks? What were they hiding?

Now, in Mindjammer , as a game which tries to adhere to scientific underpinnings, there is no such thing as psionics. In the New Commonality, thanks to the ubiquitous “interstellar internet” of the Mindscape, there is technopsi – technological psionics – which plays a similar role. But the Venu didn’t have a Mindscape. They were wearing masks. They worshipped the pure human form. They were screwed up.

Of course: they were mutated. By a power they didn’t understand, a power they needed to combat the Commonality, but which twisted their form and drove them to a terrible cognitive dissonance, forcing them to become the very mutants they professed to despise.

That force is behind the Venu Empire. It’s still mysterious, but it does have that solid scientific underpinning (which, for now, shall remain mysterious…). Even in 1st edition Mindjammer, the Venu called it the Radiant Darkness, and it permeates the CHILDREN OF ORION Venu Sourcebook which we’re publishing today. In some as yet unknown way, it provides the Venu with abilities which give them a fighting chance to withstand the Commonality. And perhaps to do much more…

Two years ago, as the Mindjammer Kickstarter completed, I spoke with David Donachie, who I’d worked with on Legends of Anglerre, about working together on the Venu sourcebook. I sent him my notes, and waited to see what he came back with. I wanted ideas that bounced off mine, took us in unexpected directions, winkled out things I hadn’t seen from being too close to the Bright Empire of Venu. David came back with a radioactive smorgasbord of ideas, and CHILDREN OF ORION was born!

For most of this year, I’ve been working on producing the sourcebook which is published today, incorporating David’s ideas with my own, knitting it all together into a whole, providing an insight into the Commonality’s greatest foe. Today, the Venu are no longer the Space Nazis of 1st edition: they’re a complete, detailed, and all too believable interstellar civilisation, driven by fear and xenophobia to sign away their souls in a devil’s bargain to resist a foe which opposes everything they believe in. The Commonality is everything the Venu are not: it’s inclusive, diverse, outward-looking, capable of incorporating other cultures into itself and slowly changing to adapt (although not without consequence – that’s a whole other story!). CHILDREN OF ORION provides you with histories and details of the Venu civilisation, but also much more: starmaps and planet descriptions, technological paradigms and descriptions of gear, ships, the “walkers” and “motes” which are the pinnacle of their robotics tech, opposed as the Venu are to AI. In short, CHILDREN OF ORION gives you everything you need to play Mindjammer games set inside the Venu Empire.

And what does that mean? Well, it opens up a whole new arena of play for Mindjammer gaming. There’s now a vast and oppressive star empire open for adventure. You can play Venu troopers, or sinister servitors of the Dark Radiance Executive (also called the Cult of Radiant Darkness…); you can wield Venu mutations and the mysterious abilities the Commonality – for want of a better word – calls “Venu psi”. But you can also play Commonality agents working against the Venu – either fighting them directly, or conducting clandestine operations, or even trying to manipulate their culture and defuse its most destructive memes.

And there’s more. There’s a resistance inside Venu Space, and perhaps not only on the worlds the Venu have conquered since the recent war. You can join that resistance, and fight against the oppressive forces of the God-Emperor! Or maybe you just want to survive and thrive in the galaxy as it is: maybe you’re a roguish trader, perhaps the owner (one day…) of a Caravan-class trading ship from one of the huge and ancient trading combines of the Empire, whose castle-like orbital strongholds dot Venu Space. What will you do when the Resistance – or the sinister Executors of the Dark Radiance – come calling?

The Venu have come a long way. Today’s the day you can find out how. There’s a war brewing between the Commonality and their oldest and greatest foe – everyone says it’s just a matter of time.

Whose side will you be on?

*****

CHILDREN OF ORION – THE VENU SOURCEBOOK releases today in PDF format from DriveThruRPG and the Modiphius webstore, and in 112-page softback physical book on Monday 23rd November.

Ce Weekend Aux Utopiales à Nantes

October 28, 2016

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Ce weekend (29 et 30 octobre) je serai aux Utopiales à Nantes, un des plus grands festivals de science-fiction en France. Je ferai les dédicaces au Pôle Ludique à 10h samedi et dimanche, et aussi deux conférences le samedi 29 :

  • 12h – Steampunk, Dieselpunk, et Cyberpunk (à l’Agora de M. Spock)
  • 14h – Le Crowdfunding (à l’Agora de M. Spock)

Le Mindjammer livre de base sera en vente, et aussi on aura les exemplaires du roman Mindjammer et les scénarios Hearts and Minds, The City People, et Dominion. Et bien sûr je vagabonderai dans les salles à la recherche des amis et des nouveaux jeux et livres !

J’espère de vous voir là !

À propos de VERNON SUBUTEX de Virginie Despentes

October 11, 2016

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Cet été pour la première fois j’ai lu quelques livres de l’écrivaine Virginie Despentes. J’ai commencé avec APOCALYPE BÉBÉ (2010), et immédiatement après j’ai lu les deux toms de VERNON SUBUTEX (2015). J’étais complètement éblouie par ce dernier, à mon avis un vrai chef d’œuvre. Les romans précédents de Despentes avaient la réputation d’être volontairement choquants, parfois pornographiques, sensationnalistes. VERNON SUBUTEX contient tous ces éléments, mais les dépasse facilement, dans la même manière que LE FESTIN NU dépasse les limites d’une histoire d’un toxicomane ou CRIME ET CHÂTIMENT celles d’un polar.

L’écriture de Despentes dans VERNON SUBUTEX est magistrale. Pleine de gros mots, de l’argot, de la langue des sous-cultures et communautés rock ou punk, islamiste ou fasciste, Despentes utilise tous ces niveaux de discours, toutes ces sous-langues, dans un style d’écrire qui est à la fois fragmenté et uni ; une réflexion de la France urbaine contemporaine.

L’histoire est simple ; un homme, ancien disquaire d’un magasin de disques à Paris, dépassé par les innovations technologiques qui lui ont détruit sa mode de vie, devient SDF. Il essaie de survivre. Dans le premier tom, il se penche sur l’aide de ses « amis » : les gens qu’il connaît depuis sa jeunesse punk. Le deuxième tom se déroule après qu’il se trouve sur la rue.

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Les événements du roman sont durs, mais ce n’est pas un livre déprimant. Au contraire, il y a une luminosité qui monte dans ce roman, une béatification qui vient avec la souffrance, une illumination pleine de la luisance de l’amour et la compassion. Vernon lui-même devient un focus pour les peurs et les espoirs des personnes de toutes les couches de la société urbaine française ; un miroir dans lequel nous voyons tous nos images.

VERNON SUBUTEX est aussi un roman politique. Un roman qui dépeint sans merci la marasme socio-économique de notre ère, et la corruption et la complaisance de nos gens politiques et la complicité de nos médias. À la fois féministe, humaniste, antifasciste, anticynique, VERNON SUBUTEX réclame notre honnêteté en ciblant la séparation croissante dans notre société entre la vie idéale médiatisée dont nos politiciens parle, et les vies réelles et humaines que nous vivons, abandonnés à la précarité. Le roman admet que nous sommes sur le point des changements sociaux révolutionnaires, mais enfin son message est optimiste ; le peuple va prévaloir, comme toujours.

J’ai adoré VERNON SUBUTEX. Il parle d’une France que je ne connais pas trop ; la vie urbaine. Mais je reconnais les points communs avec mes expériences à Tokyo et à Londres ; je sens sa véridicité. Avec ce livre, Virginie Despentes se montre comme une des grandes romancières sociales et humanistes, et j’attends avec impatience ce qu’elle écrira à sa suite.

Sarah, Normandie, 11 octobre 2016.

Le soutien des commerces locales à la campagne normande…

September 30, 2016

Ah, mon dieu. Frustrée ? Parfois, oui. Parfois il se passe des choses et on ne peut rien faire… Comme aujourd’hui, par exemple.

Récemment j’ai commencé à lire le magazine LIRE. Je l’ai acheté pour la première fois dans notre Maison de la Presse du coin. C’est un magazine mensuel, mais la Maison de la Presse ne prend que quelques exemplaires, et c’est assez difficile d’y passer exactement au bon moment avant qu’il ne soit plus en stock. En août, par exemple, j’ai passé le 27 pour acheter le numéro de septembre, et il ne restait qu’un exemplaire.

La semaine dernière, j’ai passé le 24 septembre, et le numéro d’octobre n’était pas encore arrivé. Quand serait-il là? On ne sait pas : peut-être le lendemain, peut-être lundi. Bon, alors, est-ce que je peux réserver un exemplaire, pour m’assurer de pouvoir l’acheter ? Bien sûr ! Merci de mettre votre nom ici, madame…

Et donc, bien rassurée, je me contente de passer pour chercher mon exemplaire aujourd’hui. Le résultat ? Tous vendus… Possibilité d’en commander encore ? Non, madame… Alors, de commander un exemplaire de plus le mois prochain ? Euhhh…

Et voilà. Je sors du magasin, un peu étourdie, pas entièrement sûre que je ne suis pas tombée dans un univers parallèle où la logique marche complètement à l’envers et tout ce que je sais est un mensonge…

J’aimerais tellement soutenir ma librairie locale. Honnêtement. Mais dans ce cas il faut au moins que ma librairie me permette d’acheter ces trucs qu’elle prétend à vendre !

Et alors aujourd’hui j’achète le magazine en ligne, et pense à faire une souscription. Et ainsi le monde change, malgré nos efforts et nos désirs…